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Meaghan Ogilvie: Subaquatique

Une entrevue avec la revue photoED Magazine


L’Artiste visuelle Torontoise Meaghan Ogilvie se spécialise dans la photographie sous-marine.


Après son voyage at Raja Ampat, un voyage étant un prix qu’elle a gagné, un voyage de plongée dans une des plus grandes aires marines protégées au monde.


photoED: À travers la photographie vous créez des histoire, qu’est-ce qui vous plaît le plus dans cette pratique?

Meaghan:

J’adore le fait que la photographie me permet de connecter et de dialoguer avec n’importe quelle audience sans souci de barrières linguistiques. J’adore que ce médium m’offre l’opportunité de partager créativement mon exploration du monde et que je puisse inspirer d’autres à faire de même.


Meaghan Ogilvie • Corail dur et mou dans les eaux peu profondes au large de l’île Gam. • Photographié avec la lentille TAMRON SP 35mm F1.4 à la vitesse 1/250, f/8 à 320 ISO.

photoED: Quelles œuvres artistiques inspire la vôtre?

Meaghan:

J’ai commencé mon parcours avec la photographie analogique, le noir et blanc sera toujours mon premier amour. Sebastião Salgado et Sally Mann, maîtres du noir et blanc, sont mes artistes préférrés, j’admire leurs engagements à des projets de longue durée, leurs authenticités et leurs abilités techniques.

Lorsque j’ai commencé à explorer la photographie sous-marine, j'ai découvert les images de Zena Holloway. Elle est une pionnière et elle reste toujours une de mes photographes sous-marines préférées non seulement dû à ses œuvres magnifiques mais aussi car elle a soutenu une longue carrière dans un domaine niche.

À travers les années j’ai appris que le succès est dû à l'endurance et à la réinvention de soi-même.

Ça prend de l’intelligence, de l’ambition et un dur labeur afin de réussir et ceci Zena le démontre. Aujourd’hui elle continue d’évoluer comme conceptrice éco et novatrice de matériaux, elle bâtit des sculptures et articles de mode durable à partir des racines de plantes. Elle est incroyablement inspirante!



Meaghan Ogilvie • Une tortue nage vers la surface à Raja Ampat, Indonésie. • Photographié avec la lentille TAMRON SP 35mm F1.4 à la vitesse 1/500, f/6.3 à 640 ISO.

photoED: D’après vous, qu'est-ce qui constitue une bonne photo?

Meaghan:

Pour moi la créativité, l’éclairage et l’originalité sont les premiers éléments que je recherche dans une image ainsi que sa capacité d’évoquer une émotion. Une excellente photographie raconte une histoire, vous place dans un moment particulier dans le temps et vous affecte émotivement. Une excellente photographie se distingue de la moyenne si elle réussit le tout.


Meaghan Ogilvie • Un poisson chauve-souris au large de l’île Gam à Raja Ampat. • Photographié avec la lentille TAMRON SP 35mm F1.4 à la vitesse 1/200, f/5.6 à 125 ISO.

photoED: Quels conseils donneriez-vous aux autres photographes?

Meaghan:

Pratiquer régulièrement, continuer à vous dépasser et collaborer. La photographie est un apprentissage continu, le plus que vous prenez des risques et que vous vous mettez au défi, le plus que vous allez améliorer votre pratique. Des collaborations avec d’autres artistes vous aideront à connecter avec l’industrie et possiblement ouvrir des portes. Les communautés en ligne peuvent aussi vous apporter beaucoup d’aide.


Peut-être que ça sonne drôle mais d’abord et avant tout ayez confiance en vous et n’abandonnez pas. Bien des gens ne croyaient pas que je pouvais faire de la photographie sous-marine une carrière, et bien je suis toujours là!

Meaghan Ogilvie • Gorgones de couleurs vives au large de l’île Gam, Raja Ampat. • Photographié avec la lentille TAMRON SP 35mm F1.4 à la vitesse 1/200, f/10 à 400 ISO.

photoED: Quelle influence votre travail en photographie a-t-il eu sur vous?

Meaghan:

Lors de mes quatorze ans, ma mère m’a acheté un vieil appareil photo 35mm. J’ apportais cet appareil photo avec moi partout où j’allais, il devint une partie de mon identité. En grandissant j’étais timide, la caméra me donnait un but et l’opportunité de parler avec des gens. Il m’a aidé avec mon introversion et continue de le faire encore aujourd’hui.


Je suis devenue plus courageuse et sûre de moi par mon travail de photographe, spécifiquement en photo sous-marine. Au départ j’avais peur des grandes étendues d’eaux, mais me voici maintenant une plongeuse avancée, je plonge parmi de magnifiques requins dans des courants puissants à 27 mètres sous la surface et j’adore ça. Le fait de voyager pour mon travail me permet de voir la superbe diversité de notre monde et m’a rendu plus ouverte d’esprit.


J’ai vécu beaucoup de hauts et des bas comme photographe sous-marine dû au fait que je vis à Toronto. Étant si éloignée de l’océan, j’ai été mise au défi de rester pertinente. J’ai vécu des moments où je voulais abandonner. J’ai appris qu’il fallait que je me réinvente et que j’améliore mes compétences afin de continuer. J’ai appris à créer mes propres opportunités. Mon travail de photographe m’a appris à être persévérante et à poursuivre des choses qui me passionnent à propos de la vie.


Meaghan Ogilvie • Un banc de poissons me dépassent en nageant lors d’une plongée à Raja Ampat, Indonésie. • Photographié avec la lentille TAMRON SP 35mm F1.4 à la vitesse 1/200, f/5.6 à 125 ISO.

photoED: Quel est le projet qui vous a affecté le plus personnellement?

Meaghan:

L’année 2008, lorsque j’ai créé ma première séance de photo sous-marine, je n’avais aucune idée qu’une seule séance changerait la trajectoire de ma vie et ma carrière. Depuis j’ai vécu des expériences que je n’aurais jamais pu rêver. Ceci dit ça n’a pas toujours été facile ou plaisant, mais ce trajet et les projets ont formé mes valeurs et ma perspective de la vie.

L’année 2015, j’ai été commandité par Pan-Am Toronto et les Jeux Parapan Am pour créer une installation public à grande étendue sur le thème de l’eau. Elle fut exposée au centre-ville de Toronto à Brookfield Place. Le but était d’éduquer et d’inspirer le public sur l’importance de protéger les Grands Lacs. Pendant presque deux ans j’ai travaillé sur ce projet, j’ai fait de la recherche sur l’importance de l’eau à la communauté autochtone, j’ai produit et photographié les œuvres, j’ai aussi conceptualisé l’exposition et je l’ai promue. Photographier les Grands Lacs et apprendre autant sur la création d’une exposition à grande échelle furent des expériences inoubliables. La partie la plus percutante du projet était la co-création et la collaboration avec des artistes et des communautés autochtones parvenant des Première Nations Wasauksing, Six Nations de Grand River, Première Nation M’Chigeeng et Première Nation Aamjiwnaang. Cette expérience a changé ma relation avec l’eau, au lieu de la voir comme une ressource, je la vois maintenant comme une partie vivante dynamique de la nature. Depuis, ma perspective sur la vie a changé et je suis plus consciente de mes actions et comment elles affectent le reste de notre planète.

Meaghan Ogilvie • Un gros plan d’un corail dur lors d’une plongée à Raja Ampat, Indonésie. • Photographié avec la lentille TAMRON SP 35mm F1.4 à la vitesse 1/400, f/5.0 à 320 ISO.

photoED: Y-a-il des photographies ou aventures qui se démarquent et auxquelles vous pensez encore aujourd’hui?

Meaghan:

Par le biais de ma discipline, photographe sous-marine, je connecte avec des gens partout dans le monde qui ont les mêmes intérêts que moi. En février 2012, j’ai fait partie d’une expédition dans les eaux de Saint Vincent et les Grenadines en bateau à voile à bord du navire Diatomée. Je n’avais jamais fait de voile et je n’avais pas rencontré les trois personnes avec qui je serais à bord pendant une semaine. Ce fut une folle aventure, nous avons amarré et jeté l’encre très proche d’une île déserte, nous avons nagé jusqu’à la rive et mis pied sur une île sauvage. J’ai tellement appris grâce à mes coéquipiers sur la voile, la plongée en apnée, la photographie sous-marine et l’océan. Nous étions tous de différents pays - la France, l’Espagne et le Canada - et nous avons partagé bien des histoires de nos pays d’origine. C’est une expérience que je n'oublierai jamais.


Meaghan Ogilvie • Une méduse fait le bouchon sur la surface à Raja Ampat. • Photographié avec la lentille TAMRON SP 35mm F1.4 à la vitesse 1/500, f/2.8 à 500 ISO.

photoED: Quels sont vos projets photographiques qui vous emballent le plus en ce moment?

Meaghan:

L’année dernière, j’ai concentré sur mon apprentissage de l’éclairage et de la cinématographie sous-marine afin d’expérimenter des nouvelles techniques. En ce moment je travaille sur la conception de nouveaux projets, alors je n’ai pas d' œuvres à partager pour l’instant mais je peux vous dire que je suis tombée amoureuse des forêts de varech et j’ai bien hâte de les explorer davantage. Je vais me concentrer sur la création d'œuvres à grande échelle.

De plus, j’arrive à l’instant de Raja Ampat en Indonésie. J’ai gagné un voyage qui m’a permis de plonger d’un bâteau bâti spécifiquement pour la plongée. Raja Ampat est reconnu comme étant “le dernier paradis sur terre” à cause de sa riche biodiversité. Étant un endroit isolé, ceci lui a permis d’échapper au tourisme et d’être un des projets de conservation les plus réussis sur terre. Lors de ma visite j’ai vu beaucoup de plastique et déchets dans l’océan ainsi que d’autres bâteau de plongée et simple bâteau non réglementés aux sites de plongée. Les récifs coralliens de Raja Ampat voit maintenant des dégradations de corail, une pollution de plastique croissante, des dommages causés par les encres et les frappes de bâteaux par l’arrivée des touristes et la pénurie d’infrastructure adéquate. C’était très triste de voir que ce “dernier paradis” était si vulnérable à la destruction. Ayant été témoin de sa beauté et la menace imminente de ce paradis je veux prendre action et je veux utiliser mon travail pour sensibiliser les gens. Je me penche la dessus.


Meaghan Ogilvie • Corail et petit poisson à Raja Ampat, Indonésie. • Photographié avec la lentille TAMRON SP 35mm F1.4 à la vitesse 1/500, f/1.6 à 200 ISO.

photoED: Votre projet de rêve consiste en quoi?

Meaghan:

D’être engagée par National Geographic pour un projet quelconque. C’est mon rêve depuis que je suis toute petite! Je ne veux pas tenter mon sort mais j’ai fait une demande de bourse auprès d’eux et j'espère travailler sur ce projet l’année prochaine. Pendant les trois dernières années, ma démarche vise le documentaire et la photographie des animaux sauvages.


J’ai un côté artistique fort alors un autre projet de rêve serait de produire une séance photographique sous-marine de haute qualité dans une piscine avec un budget sans limite. J’ai des idées pour des photographies et pour un court métrage.

Meaghan Ogilvie • Un gros plan d’un hydroïde urticant au large de l’île de Gam, Raja Ampat. • Photographié avec la lentille TAMRON SP 35mm F1.4 à la vitesse 1/1000, f/3.2 à 400 ISO.

ÉQUIPEMENT:

Quelle caméra et quel équipement utilisez-vous? Pouvez-vous partager votre expérience avec les objectifs Tamron?


Meaghan:

Je suis limitée sur ce que je peux utiliser sous l’eau vu que les boîtiers de caméra sous-marine sont bâti selon des caméras et de lentilles spécifiques. Actuellement j’utilise une Canon 5D Mark II avec une lentille 17-40mm 4.0 et un boîtier Ikelite. Je travaille ainsi depuis des années et j’utilise une lentille à grand angle pour la plupart de mes images alors c’est super d’essayer la lentille Tamron SP 35mm F1.4 lens afin d’obtenir une profondeur de champ moins profonde, expérimenter avec bokeh, et d’obtenir une perspective plus rapprochée de mes sujets.

Tamron m’ont généreusement prêté leur lentille 35mm pour mon récent voyage à Raja Ampat. Les conditions lors de la séance photo furent difficiles, pluies abondantes et les puissants courants ont amené plancton et algues. Ces pluies ont affecté la visibilité mais sur le positif elles ont amené beaucoup de vie marine.


L’autofocus de la lentille 35mm est vraiment fiable lors d’une faible luminosité et visibilité, alors j’était très heureuse de l’avoir avec moi. Elle était versatile, elle me permettait de prendre des images plus larges de bancs de poissons et aussi de prendre des images de près des coraux, les renommés de Raja Ampat. C’était une lentille multifonctionnelle sous l’eau et sur terre pour capturer des petits insectes et des paysages marins.
 

Meaghan Ogilvie

Meaghan fut invitée par plusieurs musées afin d'exposer ses œuvres entres autres à la Galerie d’Art de l’Ontario, le Musée d’Art Oceanside en Californie, Le Festival L’Homme et la Mer en France et le Centre DGI Byen à Copenhagen, Denmark. De plus elle a participé à plusieurs résidences artistiques telles l’École d’Art Visuel à New York, Artscape Gilbraltar sur l’île de Toronto, Art Tahsis sur l’île de Vancouver et la résidence à bord du bateau à voile Diamotée sur la mer des Caraïbes. En 2021 elle a reçu une bourse du Conseil des Arts du Canada qui lui a permis de suivre une formation en cinématographie sous-marine sur la mer Rouge. Elle a bénéficié de plusieurs commandes d'œuvres d’art public qui incluent une commande pour les Jeux Pan Américain à Toronto en 2015, elle a créé “Requiem of Water” (Requiem d’Eau), une installation photo de grand format qui fut exposée à Allen Lambert Galleria dans Brookfield Place à Toronto. Elle a aussi créé une murale digitale, “Here and Now” (Ici et Maintenant) en 2021, pour le village de Lakeview à Mississauga, ON.


Après avoir gagné le prix qui lui a permis de voyager et plonger à Palau, une des plus grandes zones marines protégées au monde, elle se concentra sur une défense passionnée de l'eau.


Nous avons discuté avec Meaghan Ogilvie de sa pratique d’Art Visuel.



La lentille Tamron préférée de Meaghan - ICI!








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